L’écoute attentif renforce la confiance des clients : pleins feux sur Wardha Khokhar, avocate de service à Hamilton
Date de publication : 26 octobre 2026
« La protection des droits des personnes constitue le cœur même des activités des avocats de service », affirme Wardha Khokhar, avocate de service en droit criminel à Aide juridique Ontario (AJO) à Hamilton. Elle estime que ces activités contribuent à rendre le système judiciaire plus accessible à tout le monde.
Wardha a obtenu son diplôme de droit à l’Université de Montréal en 2022, a passé l’examen du barreau du Québec en 2023, puis a effectué son stage à Ville de Montréal. Elle a été admise au barreau du Québec en 2024 et a travaillé comme procureure aux poursuites criminelles et pénales au tribunal municipal de Montréal pendant environ 18 mois avant de rejoindre le bureau du district de Hamilton d’Aide juridique Ontario en août 2025.
Ayant grandi au Québec, c’est en français que Wardha a suivi la majeure partie de ses études et elle est capable d’aider sa clientèle en français. Elle parle également l’ourdou, l’hindi, le pendjabi et l’anglais, ce qui lui permet de communiquer avec de nombreux clients dans leur langue maternelle.
Dans son travail actuel, Wardha vient en aide aux personnes accusées d’une infraction criminelle, soit pour obtenir une caution, communiquer avec leur famille ou leurs amis afin d’élaborer un plan de libération, soit pour leur indiquer des ressources pouvant les aider dans des cas de santé mentale ou de dépendance. Dans son rôle d’avocate en milieu carcéral, elle passe deux jours par semaine au centre de détention de Hamilton-Wentworth, où elle assiste les personnes en détention. Elle y aide ses clients à examiner et à comprendre les documents juridiques, s’entretient avec le procureur de la Couronne, fournit des conseils juridiques sommaires et assiste ses clients tout au long du processus judiciaire.
Un emploi stimulant et enrichissant
La communication avec certains clients s’avère parfois difficile lorsqu’ils n’ont pas d’adresse fixe ou n’ont pas accès à un téléphone, refusent d’écouter les conseils juridiques ou prodigués ou sont submergés par leurs émotions. « Il arrive qu’une personne accusée d’une infraction pénale soit très bouleversée et cherche à passer sa frustration sur nous, même si nous essayons de l’aider. »
Malgré ces difficultés, Wardha adore son travail d’avocate de service. « Je suis passionnée par la défense des droits des personnes, en particulier les droits des personnes très vulnérables. En tant que femme de couleur, je suis consciente de l’importance d’aider les personnes marginalisées. »
Le soutien renforce la confiance
Il faut parfois de la patience pour gagner la confiance, surtout lorsque, dès les premiers contacts, les clients se montrent réticents à parler de leurs problèmes juridiques. « Il m’est arrivé de me retrouver dans des situations où j’essayais de m’entretenir avec une personne qui refusait absolument de se confier, alors que j’essayais d’obtenir des renseignements sur l’affaire ou tout élément susceptible de m’aider à plaider en faveur d’une libération sous caution ou d’un règlement. »
Dans ce genre de situation, Wardha affirme que la meilleure approche consiste à laisser aux gens un peu d’espace et de temps. « Je me souviens d’un homme à qui j’ai rendu visite en prison qui était très renfermé et m’adressait à peine la parole », raconte-t-elle. « Je suis restée assise à ses côtés pour l’écouter et il a commencé, après un certain temps, à parler de son chalet à la campagne et de son jardin. »
Quand ils se mettent à parler, même des sujets sans rapport avec leur affaire, cela leur permet de se détendre, observe Wardha. « Notre travail est très intense. Mais j’ai constaté qu’en faisant preuve de patience et en écoutant attentivement, même lorsque les gens se mettent à parler d’autre chose que leur affaire pendant un moment, cela peut aider à bâtir la confiance. » Une fois que le client se calme, Wardha peut alors l’amener progressivement à parler de sa situation. « Il s’agit d’établir un lien de cofinance. »
Wardha comprend pourquoi certains clients hésitent à raconter en détail leur affaire lors de la première rencontre. « Si j’étais à leur place, je ne me sentirais pas non plus à l’aise pour me confier à une personne qui m’est totalement inconnue. Cependant je trouve que le simple fait de laisser les gens parler des sujets de leur choix les met à l’aise et aide à bâtir la confiance. »
En savoir plus sur les avocats de service
Les avocats de service de l’Ontario sont des avocates et avocats de l’aide juridique qui fournissent des conseils juridiques gratuits en droit de la famille, en droit criminel et en droit de l’immigration. Ces individus dévoués et bienveillants aident les personnes qui font face à des procédures juridiques et au système de justice. Cet article fait partie d’une série de portraits d’avocates et avocats de service de partout en Ontario. Informez-vous sur la Journée des avocats de service.